1,3 milliard de victimes des radiations - Pierre Dubochet

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1,3 milliard de victimes des radiations

Dossiers > Rayons ionisants

Pierre Dubochet | 1er mai 2014

L’AIEA et la CIPR ne pensent pas en termes scientifiques, mais en termes politiques et administratifs


Dr. Rosalie Bertell : plus d’un milliard trois cents millions de personnes ont été victimes des radiations


Le Dr. Rosalie Bertell, présidente de l’International Institute of Concern for Public Health (Institut international pour la santé publique) de Toronto, est chercheur depuis 1968 sur les effets des radiations sur la santé. Elle a remarqué dans la littérature que l’essentiel des recherches vraiment détaillées a été mené avant 1951.

À partir de 1951, les scientifiques ont établi le mythe selon lequel il serait impossible de déceler les effets des faibles doses de radiations. Que se passe-t-il en 1951 ? C’est l’inauguration du premier site d’essais atomiques en atmosphère sur le continent américain, au Nevada.

Rosalie Bertell attire notre attention sur le fait que Hiroshima et Nagasaki ont fixé une doctrine de réflexion scientifique sur l’effet des radiations. Elle s’est limitée aux conséquences des scénarios de guerre. Combien de gens sont tués rapidement et combien sont hors de combattre, sont les questions auxquelles il faut répondre. Aucune recherche ne s’intéresse aux fausses couches, avortements, mort-nés, enfants malades ni aux conséquences à long terme. Les analyses sont restées sélectives et surtout, les dommages doivent demeurer minimes.

Le Dr Bertell insiste pour tenir compte de la gestion des accidents, mais aussi sur des émissions radioactives routinières de matières radioactives, au cours du fonctionnement normal. Elle estime, dans The Ecologist de novembre 1999 (pp 408 – 411) que plus d’un milliard trois cents millions de personnes ont été victimes des radiations. Vingt et un millions de cas sont liés à la production d’énergie auxquels s’ajoutent quinze millions lors d’accidents aux centrales (l'article date d'avant Fukushima).

Engagée dans la Commission Médicale Internationale de Tchernobyl, la doctoresse déclare que l’AIEA et la CIPR ne pensent pas en termes scientifiques, mais en termes politiques et administratifs. Elles ne pensent pas en termes de santé, mais pensent au maintien d’une industrie de plus en plus douteuse. Rosalie Bertell «recommande l’abolition de la CIPR et de l’AIEA, mesure essentielle pour un avenir viable».

Quels sont les stratèges de l'industrie atomique pour annoncer si peu de victimes en cas d'accident ?

Les treize experts autoproclamés de la CIPR  ne peuvent affirmer que certains effets n’existent pas ou n’ont rien à voir avec les radiations. Leur crédibilité serait nulle. Alors, ils choisissent de minorer les conséquences, usant et abusant de ce qu’ils qualifient d’effets transitoires. Considérés comme peu graves, ils ne donnent droit ni à une reconnaissance ni à une indemnisation.

Lorsque des conditions draconiennes ne sont pas remplies, l’AEIA nie les effets. Là se trouve la racine du problème pour les irradiés. Ces points sont déterminants. Quelques lignes sur des papiers accordent au CIPR et à l’AIEA une liberté dont on peut se demander la légitimité, de nier l’existence de troubles sanitaires.

Nous avons exactement les mêmes difficultés actuellement pour faire reconnaître l’intolérance au rayonnement non ionisant. La Commission internationale pour la protection contre les rayonnements non ionisants (CIPRNI, ICNIRP en anglais), une association privée opaque et comportant des liens avec des industriels, a édicté des normes que l’on sait scientifiquement irréalistes, mais ces normes favorisent les choix politiques et industriels.

L’ICNIRP a communiqué des valeurs seuil d’exposition d’une durée de six minutes qui autorisent actuellement des expositions du public 24h/24. Cette agence se dit incapable de fixer des seuils sûrs pour l’exposition à long terme. Il en va de même pour l’International Radio-Protection Association (IRPA).

Comme il est de mise dans le système de radioprotection mondial, on constate en matière de contrôle d’exposition aux champs électromagnétiques que des membres se trouvent dans plusieurs organisations de contrôle. Cette solidarité empêche la prise en compte de réflexions différentes.

À ceux qui se plaignent d’êtes perturbés par les ondes, l’OMS répond maintenant par des stratagèmes destinés à minorer l’étendue du problème.

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En matière de rayonnement ionisant comme en matière de rayonnement, les agences de contrôle ne mettent pas en avant la santé publique.

Sous de faux couverts scientifiques, elles facilitent le rendement économique des industries.

 
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