1958, l'OMS veut accomoder une nouvelle génération à l'ignorance - Pierre Dubochet

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1958, l'OMS veut accomoder une nouvelle génération à l'ignorance

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Pierre Dubochet | 1er mai 2014

L'OMS incite à cultiver l'ignorance. L'OMS est pour l'obscurantisme en 1958, et encore aujourd'hui.


Atome civil : «La solution la plus satisfaisante pour l’avenir serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s’accommoder de l’ignorance et de l’incertitude», écrit l’OMS

En 1958, l'OMS rédige le rapport «Questions de santé mentale que pose l'utilisation de l'énergie atomique à des fins pacifiques», dont certains propos méritent d'être connus. La radioactivité ? «Il ne s’agit pourtant que d’un risque parmi beaucoup d’autres qui font partie du lot normal des êtres vivants» déclarent les auteurs (p. 22). L’OMS suggère de considérer comme déviant tout individu qui s’exprimerait négativement à propos de l’énergie nucléaire.

«En général, il n’est possible d’agir sur l’adulte d’aujourd’hui que d’une façon fragmentaire […] C’est seulement avec l’être humain au stade de l’enfance et en employant des méthodes d’éducation très différentes de celles qui caractérisent la plupart des civilisations, qu’on pourra obtenir une modification à l’échelle de tout un peuple» (p. 44).

Page cinquante : «Du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l’avenir des utilisations pacifiques de l’énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s’accommoder de l’ignorance et de l’incertitude». Est-ce la communication que vous attendez d’un organisme dont le but est «d’amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible
» ?

Quantité de phrases sont truffées d’approximations : «Certains malades (lesquels, quelle part ?) soumis à une radiothérapie présentent cependant des symptômes psychologiques et psychosomatiques (lesquels ?). Cliniquement, il semble (c’est donc une apparence aux yeux de l’auteur) qu’une grande (quel pourcentage ?) partie de ces réactions sont dues à la crainte suscitée par la maladie pour laquelle ils sont en traitement, par exemple à la terreur, peut-être (peut-être pas !) disproportionnée, qu’inspire le cancer» (p. 16). À propos des médecins, «il semble raisonnable de supposer […] un certain refoulement» (p. 29). Et la science, dans tout ça ?

Ne vous attendez pas à lire des références, il n’y en a pas
. Malgré l’implication du directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé dans ce dossier, aucune institution n’a soutenu le concept de radiophobie qu’elle défend ! La radiophobie est très utile pour délégitimer toute contestation et répandre le mensonge.

Tâchez de vous souvenir de cet objectif principal chaque fois que vous serez en présence des mots de l’OMS, qui cherche à attribuer partiellement les symptômes des gens intolérants aux ondes «
à des maladies psychiatriques préexistantes, ainsi qu’à des réactions de stress résultant de la crainte inspirée par les éventuels effets sur la santé des CEM, plutôt que de l’exposition aux CEM elle-même».

Ce document largement méconnu de l’OMS nous apprend qu’elle commence à conditionner les hommes de science, les autorités, la presse et le grand public en 1957. En prévision du jour où il faudra faire face à la descente aux enfers. Le jour d’une catastrophe, comme en connaît toute industrie. C’est ainsi. Des autos se heurtent, des bateaux coulent, des avions tombent, des trains déraillent, des centrales atomiques dispersent de la radioactivité. Car l’homme qui construit et dirige tout cela est faillible.

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