Les stratèges en cas d'accident atomique - Pierre Dubochet

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Les stratèges en cas d'accident atomique

Dossiers > Rayons ionisants

Pierre Dubochet | 1er mai 2014

Pour ne pas mentir, minorer les atteintes et élever les seuils

Plus l'industrie peut faire considérer des effets comme peu graves, plus elle évite les indemnisations


Les treize experts autoproclamés de la CIPR  ne peuvent affirmer que certains effets n’existent pas ou n’ont rien à voir avec les radiations. Leur crédibilité serait nulle. Alors, ils choisissent de minorer les conséquences, usant et abusant de ce qu’elle qualifie d’effets transitoires. Ils sont considérés comme peu graves et ne donnent droit ni à une reconnaissance ni à une indemnisation. Lorsque des conditions draconiennes ne sont pas remplies, l’AEIA nie les effets. Là, se trouve la racine du problème pour les irradiés. Ces points sont déterminants. Quelques lignes sur des papiers accordent au CIPR et à l’AIEA une liberté dont on peut se demander la légitimité, de nier l’existence de troubles sanitaires.

Nous avons les mêmes difficultés actuellement pour faire reconnaître l’intolérance au rayonnement non ionisant. La Commission internationale pour la protection contre les rayonnements non ionisants (CIPRNI, ICNIRP en anglais), une association privée opaque et comportant des liens avec des industriels, a édicté des normes que l’on sait scientifiquement irréalistes, mais ces normes favorisent les choix politiques et industriels. L’ICNIRP a communiqué des valeurs seuil d’exposition d’une durée de six minutes et se dit incapable de fixer des seuils sûrs pour l’exposition à long terme. Il en va de même pour l’International Radio-Protection Association (IRPA).

Dans le cas du système de radioprotection mondial, comme dans le cas du contrôle d’exposition aux champs électromagnétiques, on constate que des membres se trouvent dans une autre organisation, parfois même dans les plus influentes. Cette solidarité est évidemment dommageable à la prise en compte de réflexions différentes.

Pour des raisons scientifiques, techniques et biologiques en matière de champs électromagnétiques, l’OMS ne peut en savoir plus que ses confrères de l’IRPA et de l’ICNIRP. Elle reconnaît que «les données actuellement disponibles sur l’homme sont très limitées et ne peuvent être utilisées pour calculer des limites d’exposition aux radiofréquences» (Ed. 1991 de La Protection contre le Rayonnement non Ionisant, p 164). L’OMS publie malgré tout des valeurs d’exposition élevées. À ceux qui se plaignent d’êtes perturbés par les ondes, l’OMS répond maintenant par des stratagèmes destinés à minorer l’étendue du problème et tend à faire élever les seuils.


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