Un accident atomique dure 7 jours au plus - Pierre Dubochet

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Un accident atomique dure 7 jours au plus

Dossiers > Rayons ionisants

Pierre Dubochet | 1er mai 2014

Un accident nucléaire dure sept jours. Après, les événements deviennent les conséquences de la décontamination

Au moment de la fuite, les risques sont peu graves. Dès lors, leur dangerosité grandit d'une manière différente que ceux d'autres catastrophes.


La plupart des individus considère que les conséquences d’un accident atomique se mesurent sur le long terme, tous les effets devant être pris en compte. Par exemple, un cancer dû à l’exposition aux rayonnements ionisants déclaré dix ans après l’accident est une conséquence de l’accident. Ne pas prendre tous ces effets en compte est mentir. Mentir entraîne des implications qui peuvent devenir judiciaires.

Pour éviter autant que possible les responsabilités et assurer au mieux la pérennité des installations civiles quoiqu’il s’y passe, les conséquences d’un accident atomique sont –c’était le cas à Three Miles Island par exemple– limitées aux sept premiers jours. Selon ces organismes de radioprotection, les événements qui se sont déroulés après cette courte période deviennent les conséquences de la décontamination. Lorsque ces commissions évoquent les doses reçues lors de l’accident, elles se limitent aux sept premiers jours. Mais ce n’est pas tout.

De ces chiffres, la CIPR et l’AIEA (et l’OMS) soustraient la dose que les gens auraient reçue en travaillant dans une centrale nucléaire en fonctionnement normal, plus le rayonnement de fond, plus s’il y a lieu les retombées des essais nucléaires (particules d’essais chinois en atmosphère à l’époque du sinistre de Three Miles Island). En vérité, on ne peut nier que toutes ces doses se sont bel et bien additionnées pour former un total actif. Ces organismes que l’on croit agir pour protéger la population contre le rayonnement ionisant, soustraient ces doses qui font pourtant partie de la dose reçue, et ne prennent en compte que de la dose reçue les sept premiers jours,
dit le Dr. Rosalie Bertell.

Nous savons tous que les réactions dues aux radiations ionisantes prennent du temps avant d'être observables, excepté lorsque le champ est extrêmement élevé. C’est une différence essentielle avec d’autres atteintes, comme celles dues aux produits chimiques, visibles immédiatement ou à court terme. Quand un barrage se rompt, une tragédie se déroule en aval où tout est dévasté en un court laps de temps. Quelques jours après, la situation s’est stabilisée, on connaît le nombre de victimes. Le temps de la reconstruction commence.

Lors d’un accident nucléaire, les dégâts sont au plus faible le jour J.
Une fois la fuite colmatée, la catastrophe n’est de loin pas terminée. Le potentiel de ces dégâts grandit au fur et à mesure que la radioactivité libérée se dissémine dans l’environnement. Outre la pollution des cours d’eau, de la terre avec les résultats prévisibles sur les animaux et les végétaux, la population doit faire face au risque de lésions aux générations futures, ce qui constitue une détresse psychologique importante.

Les lésions dues aux radiations s’opèrent au niveau de la cellule, qui se multiplie et qui multiplie cette imperfection. Un temps de latence, variable, s’écoule avant la maladie. Il est scientifiquement impossible de tisser un lien entre la maladie et l’exposition aux radiations avant une période longue souvent de plusieurs années.

Selon
Le Dr. Rosalie Bertell, la manière de la CIPR, de l’AEIA et de l’OMS de tenir compte de radioactivité constitue une tromperie. Il existe une grande latitude de minimiser les valeurs mesurées, de duper le public grâce aux caractéristiques complexes des différents radioéléments rejetés.

S’ajoute à ce constat déplorable que ces organismes nient les lésions qui affectent un spermatozoïde ou un ovocyte
par tous les moyens, lésions qui apparaissent dans la génération suivante, et susceptible de se perpétuer.

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