Wi-Fi en ville de Neuchatel - Pierre Dubochet

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Wi-Fi en ville de Neuchatel

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Pierre Dubochet | 24 novembre 2014


Wi-Fi en ville de Neuchâtel

Le canton de Neuchâtel est le premier canton suisse à avoir adopté en 2010 d'un arrêté interdisant ou limitant l'utilisation des technologies Wi-Fi à l'école, spécialement enfantines et primaires. On aurait pu penser que, dans cet élan de bon sens, la population du canton serait un peu mieux protégée contre ces ondes nocives.


Les
hyperfréquences pulsées appelées aussi micro-ondes pulsées correspondant à ce type de technologie sont interdites dans ces salles au-delà d'un certain niveau. La science a démontré que leurs premières incidences chez les jeunes sont notamment de perturber la concentration, la capacité à mémoriser et le sommeil. À long terme, elle favorisent les pathologies et ralentissent les processus de guérison.

Certains partis ayant pour intention d'installer des émetteurs Wi-Fi pour faciliter l'accès à Internet aux habitants et aux touristes en ville de Neuchâtel et «promouvoir l'art de vivre» (sic), nous avons décidé d'intervenir afin d'informer des dangers de cette technologie avec l'ARA (Association alerte aux champs électromagnétiques). Nous nous sommes approchés de Jean Dessoulavy qui a déposé une interpellation au nom du groupe PLR le 6 mars 2014 : «Quel concept pour la mise en place du Wi-Fi?». Nous lui avons fourni une documentation scientifiquement étayée sur l'interaction des micro-ondes pulsées avec la biologie humaine.

Rappelons que l'OMS écrivait en 1973 dans
Biologic Effects and Health Hazards of Microwave Radiation que l’exposition au rayonnement à micro-ondes dégrade les systèmes neuronal, vasculaire, cardiaque, opacifie le cristallin, trouble le sommeil, etc. Le dossier révèle également le caractère cumulatif des doses reçues.

Quelques années plus tard, l'OMS publie une monographie de 147 pages référencée comme n° 16 de la Série des Critères d’Hygiène de l’Environnement. Elle démontre que le rayonnement électromagnétique naturel dans la gamme de fréquences comprises en 100 kHz-300 GHz est extrêmement faible, «de sorte qu'elle est tout à fait négligeable par rapport au rayonnement de fond qui est émis par les sources artificielles». En citant une étude de 1977 de l'IRPA, l'OMS se préoccupait il y a bientôt quatre décennies de l'élévation du rayonnement électromagnétique, sans commune mesure avec la pollution actuelle.

Cet ouvrage résume une enquête de dix ans portée sur mille professionnels exposés à signaux de micro-ondes de 6 V/m à 19 V/m. Conclusion : «Des altérations fonctionnelles ont été signalées, au niveau du système nerveux et de l’appareil cardiovasculaire». À des niveaux moindres, le rapport précise que «des effets similaires ont été observés mais les symptômes étaient moins nets et facilement réversibles».

En 1981, la NASA publie un rapport sur les effets des micro-ondes. Elle évoque des maux de tête, la fatigue oculaire, des étourdissements, au mauvais sommeil, une moindre mémoire, une action sur le système nerveux, des modifications sanguines, etc.

En 1985, c'est «La protection contre les rayonnements non ionisants» de l'OMS encore qui confirme que les micro-ondes et les radiofréquences peuvent agir, selon les conditions, au niveau cellulaire, chromosomique et génétique, modifier la croissance, le métabolisme, les gonades, agir sur le coeur, le système immunitaire, etc.

Dans un dépôt de brevet pour un système destiné à éviter l'électrosmog dans des réseaux sans fil en 2003, Swisscom reconnaît que l'exposition à faible intensité est capable de déclencher une modification de l'ADN, et qu'elle fait naître un risque accru de cancer.

En 2011, l’OMS classe les champs électromagnétiques de radiofréquences comme «peut-être cancérogènes pour l’homme», sur la base d’un risque accru de gliome, un type de cancer malin du cerveau, associé à l’utilisation du téléphone sans fil.

En 2002 puis en 2012, d'innombrables médecins «constatent un rapport indéniable, temporel en même temps que spatial, entre l’apparition de maladies et de symptômes et le début d’une exposition intensive aux ondes».

Peter Schlegel, ingénieur, diplômé de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich, mesure les ondes électromagnétiques présentes dans l'environnement depuis 2003, et constate les méfaits qui leur sont liés. Il qualifie le Wi-Fi de calamité.


Les gouvernements suédois, autrichien et allemand reconnaissent les pathologies attribuées aux ondes électromagnétiques comme des maladies. Les Allemands et Autrichiens ont interdit le Wi-Fi dans certains établissements scolaires, et le
gouvernement allemand recommande d'éviter le Wi-Fi depuis 2007 pour des motifs sanitaires.

La direction de l'Ecole supérieure Numa-Droz, à Neuchâtel, a choisi d'effectuer un enseignement test d'un an avec vingt élèves. Durant un cycle, les élèves de seize ans ne touchaient plus de papier, mais employaient exclusivement des tablettes tactiles. La technologie a été dans l'ensemble bien accueillie par le corps enseignant et les élèves. Sauf que des élèves se sont plaints de fatigue et de maux de tête. Autre lien ici.

Aujourd'hui – outre ces quelques éléments puisqu'il existe des centaines d'études qui attestent du danger des micro-ondes pulsées– nous avons largement dépassé le temps du principe de précaution. Le principe de précaution s'applique en l'absence de certitudes. Or, les certitudes sont là :
l'exposition au rayonnement des appareils sans fil est nocive. Il ne s’agit ni d’un risque hypothétique ni d’un risque abstrait.

En dépit du bon sens, dans sa réponse du 10 novembre 2014 à l'interpellation de Jean Dessoulavy, le Conseil communal de la ville de Neuchâtel se déclare favorable à la pose des émetteurs Wi-Fi dans la cité : «Dans une société de communication, il est fondamental d'utiliser au maximum le potentiel que les nouvelles technologies apportent (...). L'accès au Wi-Fi devient donc tout simplement incontournable».

Plus loin : «Les seuls effets exercés par le rayonnement à haute fréquence sur la santé, démontrés de manière scientifique, sont les effets thermiques», ce qui, on l'a vu, est un grossier mensonge. «
Nous devons admettre que les études actuelles montrent l'innocuité du Wi-Fi pour la santé, moyennant la prise en considération du principe général de précaution lors de l'installation des points d'accès Wi-Fi».

Lire l'article de l'Express du 22 novembre 2014, rédigé par Santi Terol.

Entendu que les décideurs politiques et notre groupe n'avons pas la même perception de la phrase
«promouvoir l'art de vivre», je continue mes actions informatives avec l'ARA.


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Personne ne peut plus aujourd'hui affirmer honnêtement que les seuls effets du rayonnement électromagnétique sont les effets thermiques. A. Gosset, A. Gutmann, G. Lakhovsky et I. Magrou constataient des effets dus à autre chose que la chaleur provoquée par le rayonnement en… 1924 !

La science a démontré que l'exposition aux densités de rayonnement de nos appareils sans fils actuels est nocive à long terme. Il ne s'agit ni d'un risque hypothétique, ni d'un risque abstrait.

 
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