Voici des informations de 2026 qui ne justifient pas l'ouverture d'une page
© Pierre Dubochet, ing. radio
toxicologie des RNI
mis à jour le 8 janvier 2026
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BERENIS : évaluation des revues systématiques pour l’OMS
8 janvier 2026 | Pour suivre l’évolution de la recherche en lien avec les effets du rayonnement non ionisant sur la santé, l’OFEV a mis en place un groupe consultatif d’experts en matière de RNI nommé BERENIS (acronyme de la désignation en allemand). Pour mémoire, BERENIS a écrit dans son édition spéciale de janvier 2021, pour les individus souffrant d’atteintes préexistantes telles que les déficiences immunitaires ou les maladies (diabète, maladies neurodégénératives): «il est donc fort possible que la santé des individus souffrant de telles atteintes soit touchée plus sévèrement», avec une intensité de rayonnement conforme aux limites légales.
Par ailleurs, le médecin Erwin Schliephake a signalé l’effet neurotoxique des rayonnements au-delà de tout doute raisonnable en 1932, l’OMS l’a signalé dans les années 1980; on sait qu’il est lié à la dose, donc à la quantité de rayonnements reçue dans le temps.
Douze revues systématiques menées entre 2023 et 2025 au sujet des effets sanitaires des champs électromagnétiques radiofréquences (entre 100 kHz et 300 GHz) ont été publiées dans le cadre d’une évaluation à venir par l’OMS. C’est une ancienne professeur adjointe en ingénierie électrique, Emilie van Deventer, introduite à l’OMS en 2000, responsable du département des rayonnements à l’OMS depuis le départ de Michael Repacholi en 2006, qui a relancé cette révision. Van Deventer a toujours refusé de divulguer le mode de sélection des groupes d’experts. La situation actuelle indique un déficit d’expertise dans les équipes.
Les thèmes principaux sont cancer, fertilité masculine, déroulement de la grossesse, troubles cognitifs, stress oxydatif, hypersensibilité électromagnétique. Le Suisse Martin Röösli est co-auteur de quatre revues systématiques. Des chercheurs ont demandé la rétractation d’une de ces études.
La lettre de décembre 2026 de BERENIS rédigée en numéro spécial commente ces revues systématiques sous le titre Évaluation des revues systématiques commandées par l’OMS concernant les effets sanitaires des champs électromagnétiques radiofréquences.
Maître mot de la science: incertitude
Le maître mot de cette lettre de BERENIS est l’incertitude que nous pouvons tirer de la recherche sur les rayonnements. «Le groupe d’experts BERENIS estime que l’évaluation globale des preuves existantes, telles qu’elles ont été présentées et analysées dans les revues systématiques, est insuffisante et trop ambivalente pour tirer des conclusions solides sur les effets sanitaires des champs électromagnétiques radiofréquences chez l’être humain». BERENIS relève «les fréquentes limitations méthodologiques rapportées dans les études examinées, qui impliquaient souvent des manquements concernant deux ou plusieurs critères qualitatifs, remettent en question la certitude de l’évaluation et la formulation de conclusions solides sur les effets sanitaires potentiels d’une exposition aux champs électromagnétiques radiofréquences».
Toujours selon le groupe consultatif BERENIS: «Les données scientifiques actuellement disponibles ne permettent pas de tirer des conclusions sur l’existence de personnes plus sensibles et vulnérables par rapport à la population générale». Les auteurs reconnaissent cependant que la conception des études pourrait avoir masqué cette sous-population. BERENIS écrit aussi: «on ne saurait exclure qu’une exposition aux champs électromagnétiques radiofréquences ait des effets sur les fœtus. Il est donc recommandé de considérer les femmes enceintes et leur enfant à naître comme potentiellement vulnérables».
L'impossible suivi à long terme
Le groupe consultatif avance: «L’accent devrait être mis sur la réalisation d’études prospectives concernant l’exposition à long terme de la population générale et de la population active». Pure chimère. La lettre révèle d'ailleurs l’incohérence d’une telle requête, puisque BERENIS écrit: «les données utilisées reflétaient surtout une exposition aux champs électromagnétiques radiofréquences dans la gamme de fréquences de 0,8 à 2,5 GHz, qui équivaut aux anciennes normes de communication mobile». La 5G exploite par exemple la fréquence de 3,5 GHz avec des antennes adaptatives focalisant un rayonnement pulsé. Comment soutenir les études à long terme sur la population tout en reconnaissant la mutation technologique constante?
Environ chaque décennie, une nouvelle génération de téléphonie mobile évolue; avec elle de nouvelles fréquences et modulations sont exploitées. Pareil pour le Wi-Fi, en évolution régulière. Les usages eux-mêmes changent. Aux premiers temps du téléphone mobile, l’appareil était tenu contre l’oreille. Aujourd’hui, il est pour partie tenu à bout de bras. Actuellement, de nombreux objets connectés envahissent les intérieurs, sont portés à même le corps.
L’exposition de la population générale entre 2000 à 2009 n’est pas comparable à l’exposition entre 2010 et 2019. Celle entre 2020 et 2029 n’est pas comparable à l’exposition précédente, et l’exposition entre 2030 et 2039 ne sera pas comparable avec celle que nous vivons actuellement, par exemple en raison de l'électromobilité, source de champs magnétiques transitoires complexes. Or, les fréquences, les modulations, les doses reçues modifient le risque.
Commission internationale sur les effets biologiques des CEM
La Commission internationale sur les effets biologiques des champs électromagnétiques (ICBE-EMF) a un avis plus cassant que BERENIS sur ces revues systématiques. «Nous avons mis au jour de nombreuses lacunes, notamment l’exclusion d’études pertinentes, le recours à des études peu concluantes, le regroupement inapproprié d’études portant sur des conditions d’exposition très différentes et des biais non divulgués chez les auteurs».
«Onze des douze revues systématiques commanditées par l’OMS s’appuyaient sur de multiples analyses quantitatives (méta-analyses) d’études primaires portant sur les effets des rayonnements radiofréquences sur la santé. Dans la plupart des cas, nous avons constaté que ces analyses présentaient de graves lacunes méthodologiques qui compromettaient l’interprétation des résultats et invalidaient les conclusions des auteurs, lesquelles étaient fondées sur ces mêmes résultats». En conclusion: «les revues systématiques commandées par l’OMS ne prouvent pas l’innocuité des téléphones portables ni des autres appareils de communication sans fil».
L’enjeu du classement
Dans un monde sans conflits d’intérêts, les effets nuisibles dose-dépendants observés dans les études systématiques sur la fertilité masculine, sur la grossesse et sur les conséquences à la naissance devraient inciter les instances concernées à réduire les seuils d’exposition, en premier lieu ceux du téléphone mobile.
Les radiofréquences sont classées «peut-être cancérogènes». L’évaluation pourrait maintenir ce classement, le faire évoluer en «probablement cancérogène» ou encore en «cancérogène avéré» si les preuves animales et mécanistiques sont jugées suffisantes pour compenser les incertitudes épidémiologiques. Les résultats pourraient être connus en 2028-2029.
Mes recommandations: tenez le téléphone mobile éloigné de la tête. Hors communication, ne le portez pas à même le corps, mettez-le dans un sac. La nuit, éloignez-le de 3 mètres de votre tête. Évitez de tenir régulièrement en main le téléphone mobile en charge sur une prise de courant 230V.
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